BM 179-3 2021

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Bulletin monumental 179-3 : Sommaire

Articles

- Le parement d’aube de Pierre de Charny, archevêque de Sens († 1274). Un exemple exceptionnel de soie battue d’or à décor rayonnant, par Julie Glodt

- Nicole et Simon Duval : deux promoteurs de l’architecture flamboyante entre Seine et Loire dans la seconde moitié du XVe siècle, par Lucie Gaugain

- Le testament de Charles Le Brun : le sanctuaire de la chapelle de la Sorbonne, entre union des arts du dessin et inspiration romaine, par Anne le Pas de Sécheval

Actualité

Haute-Loire. Le Monastier-sur-Gazeille. Un chapiteau figuré de l’ancienne abbaye Saint-Théofrède (Laurence Cabrero-Ravel et Bernard Sanial)

Lot-et-Garonne. Agen. La maison romane du 8, rue Puits-du-Saumon (Pierre Garrigou Grandchamp et Francis Stephanus)

Paris. Découvertes à Notre-Dame. Réflexions sur la clef de voûte du bras sud du transept (Andreas Hartmann-Virnich et Yves Gallet)

Yvelines. Bailly, château de Noisy. Aménagements hydrauliques révélés par les fouilles archéologiques en 2020 (Bruno Bentz)

Chronique

Hagiographie et iconographie médiévale. Saint Martin et son culte dans tous leurs états (Michèle Gaillard). — Voiler-dévoiler le corps dans la peinture médiévale (Yves Christe)

Architecture urbaine. XVe-XXe siècle. Vannes (Morbihan) et ses hôtels urbains (Géraldine Baglin)

Architectes et jardiniers. XVIIe siècle. Nouvelles perspectives sur Le Nôtre et les architectes (Jacques Moulin)

Architecture castrale. XVIe-XVIIIe siècle. Le château de Goulaine (Loire-Atlantique), distribution et aménagement intérieurs (Nicolas Courtin)

Sculpture et évolution du goût. XVIe-XXe siècle. Évolution du goût : le cas d’une restauration d’antique (Geneviève Bresc-Bautier)

Muséographie. Les mutations des musées (Clémentine Lemire)

Bibliographie

Cartes. Juliette Dumasy-Rabineau, Nadine Gastaldi et Camille Serchuk (dir.), Quand les artistes dessinaient les cartes. Vues et figures de l’espace français, Moyen Âge et Renaissance (Isabelle Laboulais)

Villes. Émilie d’Orgeix, Au pied du mur. Bâtir le vide autour des villes (XVIe-XVIIe siècle) [Jean Mesqui]. — Andrew Brown et Jan Dumolyn (dir.), Medieval Bruges, c. 850-1550 (Pierre Garrigou Grandchamp). — Clément Alix, Marie-Luce Demonet, David Rivaud et Philippe Vendrix (dir.), Orléans, ville de la Renaissance (Lucie Gaugain). — Julie Corteville et l’Association régionale des cités-jardins d’Île-de-France (dir.), Les cités-jardins d’Île-de-France. Une certaine idée du bonheur (Françoise Hamon)

Moyen-Orient. Jean-Claude David et François Cristofoli, Alep. La maison Ghazalé. Histoire et devenirs (Pierre Garrigou Grandchamp). — Peter Edbury, Denys Pringle et Balász Major (éd.), Bridges of civilizations. The Near East and Europe c. 1100-1300 (Jean Mesqui). — Krikor Balakian, The Ruins of Ani. A Journey to Armenia’s Medieval Capital and its Legacy (Patrick Donabedian)

Livre reçu. Thomas Biller, Die Hohkönigsburg im Mittelalter. Geschichte und neue Bauforschung (Jean Mesqui)

Résumés analytiques

Le parement d’aube de Pierre de Charny, archevêque de Sens († 1274). Un exemple exceptionnel de soie battue d’or à décor rayonnant, par Julie Glodt

Lors de sa découverte en 1916, la sépulture de Pierre de Charny († 1274), archevêque de Sens, livra un grand nombre de textiles liturgiques, prélevés et documentés par Eugène Chartraire, chanoine de la cathédrale et conservateur des antiquités et objets d’art (CAOA) de l’Yonne. Parmi eux figuraient des fragments d’un parement d’aube de soie battue d’or, une technique consistant en l’application d’une feuille métallique sur un textile préalablement mordancé. Des rares exemples médiévaux recensés aujourd’hui, cette pièce présente le décor le plus abouti. Les figures sous arcades ornées de gâbles rectilignes, rehaussées de cernes noirs, appartiennent au répertoire parisien du troisième tiers du XIIIe siècle. Attestée par les inventaires de vêtements liturgiques, la batture est davantage connue comme une technique de l’éphémère, souvent utilisée pour les ornements de tournois ou de funérailles. Contrairement aux autres vêtements funéraires, généralement réemployés, le parement d’aube étudié ici aurait pu être produit expressément pour l’inhumation du prélat. Plus rapide d’exécution et moins coûteuse que la broderie, faisant intervenir notamment des peintres, la batture devait néanmoins produire un effet visuel saisissant, mettant en valeur le pouvoir spirituel et temporel du défunt. Le parement de Sens comble ainsi une lacune matérielle concernant une technique médiévale peu connue.

Mots-clefs : textile, archéologie funéraire, histoire de l’art, Bourgogne, XIIIe siècle, batture, vêtement liturgique.

Nicole et Simon Duval : deux promoteurs de l’architecture flamboyante entre Seine et Loire dans la seconde moitié du XVe siècle, par Lucie Gaugain

Parmi les architectes qui ont servi les grands du royaume dans la seconde moitié du XVe siècle, les noms de Nicole et de Simon Duval méritent une attention particulière. Employés par le cardinal d’Estouteville, Dunois et les rois Louis XI et Charles VIII eux-mêmes, ils déployèrent un art et une manière remarquables, dont peu d’édifices témoignent mais que les sources textuelles permettent d’approcher. Celles-ci autorisent à suivre leurs interventions et leur accession à des charges prestigieuses et ainsi à retracer leurs itinéraires de la Haute-Normandie à Paris en passant par le Val de Loire. Tout en rassemblant sous forme de régeste les actes qui documentent leur carrière, cet article propose de scruter les processus de transmission et de création, l’organisation des chantiers, le tissage des réseaux professionnels ou encore les circulations et les transferts artistiques et techniques, afin d’éclairer d’un nouveau jour l’apport de ces deux architectes à la création monumentale flamboyante au cours d’un demi-siècle décisif dans l’histoire de l’art gothique.

Mots-clefs : architecte, Châteaudun, Rouen, Amboise, Paris, brique, architecture gothique flamboyante.

Le testament de Charles Le Brun : le sanctuaire de la chapelle de la Sorbonne, entre union des arts du dessin et inspiration romaine, par Anne le Pas de Sécheval

Édifiée entre 1634 et 1642, la chapelle de la Sorbonne à Paris attendit la fin du XVIIe siècle pour voir son décor intérieur achevé. La décoration complète du chœur liturgique fut la dernière grande contribution de Charles Le Brun à l’art d’église. En raison de sa disparition, elle n’a jamais suscité d’étude à la mesure de son importance. Un riche dossier documentaire (devis et marchés, dessins), encore en grande partie inexploré, permet désormais d’analyser la place occupée par la chapelle dans l’activité multiforme de Le Brun sur plus de deux décennies, de l’expertise du chantier à l’exécution d’un décor ambitieux. En s’appuyant sur les compétences spécifiques d’Antoine Desgodets dans le dessin d’architecture, Le Brun repensa tout l’espace autour du maître-autel. Il conçut un projet de grande ampleur, associant architecture, sculpture et peinture selon des modalités originales et exposant une riche symbolique religieuse dans le dialogue entre le maître-autel, la voûte du sanctuaire et le tombeau de Richelieu par Girardon. Tout en respectant la mémoire de Jacques Lemercier, architecte de la chapelle, ce décor singulier offrit dans la capitale française un rare écho à certaines grandes réalisations du Seicento romain.

Mots-clefs : chapelle de la Sorbonne, XVIIe siècle, devis et marchés, maîtrise d’œuvre, Charles Le Brun, Antoine Desgodets.

English Summaries

(Traduction de Patricia Stirnemann)

The decoration of the alb of Pierre de Charny, archbishop of Sens († 1274). An exceptional example of silk with gold lamination in a rayonnant decor, by Julie Glodt

The discovery in 1916 of the tomb of the archbishop of Sens, Pierre de Charny († 1274), yielded a large number of liturgical textiles that were removed and catalogued by Eugène Chartraire, a canon of the cathedral and curator of antiquities and art objects (CAOA) in the Yonne. Among them were fragments of an alb made of silk and laminated gold, a technique involving the application of a metallic foil on a mordant-dyed textile. Among the rare medieval examples known today, this one has the most accomplished decor. Figures are placed under an arcade with rectilinear gables, enhanced with black outlines, a Parisian repertory of the last third of the thirteenth century. Attested in inventories of liturgical vestments, this type of lamination is more usually encountered as an “ephemeral” technique, often used for ornaments for tournaments or funerals. Unlike other funeral vestments, which were usually reused, the decoration of the alb studied here may have been produced expressly for the burial of the archbishop. More rapidly executed and less expensive than embroidery, which, moreover, required the intervention of a painter, the “batture” (lamination) must nevertheless have produced a gripping visual effect, augmenting the temporal and spiritual power of the deceased. The vestiges of this alb help to increase our knowledge concerning a little known medieval technique.

Keywords : textile, funerary archaeology, history of art, Burgundy, thirteenth century, lamination (batture), liturgical vestment.

Nicole and Simon Duval : two developers of flamboyant architecture in the region of the Seine and Loire in the second half of the fifteenth century, by Lucie Gaugain

Among the architects who served the lords of the kingdom of France in the second half of the fifteenth century, the names of Nicole and Simon Duval deserve particular attention. Employed by the Cardinal d’Estouteville, Dunois, and kings Louis XI and Charles VIII, they display a remarkable artistry and technique visible in a small number of buildings for which textual sources suggest a link. These vestiges allow us to follow their work and their accession to prestigious engagements, and thus to reconstruct their itinerary from Normandy through the Loire Valley and on to Paris. The article provides a register of the acts that document their career and analyzes the process of transmission and creation, the organization of the work-sites, the professional networks, and the circulation and transfer of artistic ideas and techniques, thus throwing light on the contribution of these two architects in the realm of monumental flamboyant architecture during a decisive half-century in the history of Gothic art.

Keywords : architect, Châteaudun, Rouen, Amboise, Paris, brick, flamboyant gothic architecture.

The testament of Charles Le Brun : the sanctuary of the chapel of the Sorbonne, a union of the arts of design and Roman inspiration, by Anne le Pas de Sécheval

Built between 1634 and 1642, the chapel of the Sorbonne in Paris had to wait until the end of the seventeenth century for the completion of its interior decor. The decoration of the entire litur-gical choir was the last great contribution of Charles Le Brun to church art. As it is no longer extant, it has never received a study worthy of its importance. The ample documentation (cost estimates and contracts, drawings), largely unexplored, will henceforth allow us to analyze the place of the chapel in Le Brun’s varied activity over more than two decades, from work-site expertise to the execution of an ambitious decor. Relying on the specific competence of Antoine Desgodets for the architectural drawing, Le Brun re-thought all the space around the high altar. He conceived a grand project, associating architecture, sculpture, and painting with original modalities and a rich religious symbolism in the dialogue between the high altar, the sanctuary vault, and the tomb of Richelieu by Girardon. While respecting the memory of Jacques Lemercier, the architect of the chapel, this singular decor offered the French capital a rare echo of certain grand creations of the Roman Seicento.

Keywords : chapel of the Sorbonne, seventeenth century, cost estimates and contracts, mastery of the works, Charles Le Brun, Antoine Desgodets.

Deutsche Zusammenfassung

Traduction de Pierre Steimer

Die rayonnantgotische Albe des Pierre de Charny, Erzbischof von Sens († 1274). Ein außergewöhnliches Beispiel für blattgolddurchwirkte Seide, von Julie Glodt

Das Grab von Pierre de Charny († 1274), Erzbischof von Sens, lieferte bei seiner Entdeckung im Jahr 1916 eine große Anzahl liturgischer Textilien, die von Eugène Chartraire, Kanoniker der Kathedrale und Kurator für Altertümer und Kunstgegenstände (CAOA) des Departements Yonne gesammelt und dokumentiert wurden. Darunter befanden sich auch Fragmente einer mit Blattgold versehenen Albe aus Seide. Bei dieser Technik werden Metallblättchen auf ein zuvor gebeiztes Textil aufgebracht. Von den wenigen heute bekannten mittelalterlichen Beispielen ist dieses Stück in seiner dekorativen Vollendung unerreicht. Die Figuren unter den mit gradlinigen und schwarzen Linien hervorgehobenen Wimpergen überfangenen Arkaden gehören zum Pariser Repertoire des dritten Drittels des 13. Jahrhunderts. Belegt durch Inventare liturgischer Gewänder ist die Blatt-vergoldung eher als eine ephemere Technik bekannt, die oft für Turniere oder Trauerfeiern verwendet wurde. Im Gegensatz zu anderen Grabgewändern, die in der Regel wiederverwendet wurden, könnte die hier untersuchte Albe speziell für die Bestattung des Prälaten angefertigt worden sein. Obwohl schneller und kostengünstiger hergestellt als eine Stickerei und vor allem unter Einbeziehung von Malern, sollte die Blattvergoldung dennoch eine beeindruckende optische Wirkung erzielen und die geistige und weltliche Macht des Verstorbenen hervorheben. Das Parament von Sens schließt somit eine Materiallücke bezüglich einer wenig bekannten mittelalterlichen Technik.

Schlagwörter : Textil, Grabarchäologie, Kunstgeschichte, Burgund, 13. Jahrhundert, Blattvergoldung, Paramente.

Nicole und Simon Duval : zwei Förderer des Flamboyant zwischen Seine und Loire in der zweiten Hälfte des 15. Jahrhunderts, von Lucie Gaugain

Unter den Architekten, die den Großen des Königreichs in der zweiten Hälfte des 15. Jahrhunderts dienten, verdienen die Namen von Nicole und Simon Duval besondere Aufmerksamkeit. In Diensten von Kardinal d’Estouteville, von Dunois und sogar von den Königen Ludwig XI. und Karl VIII., entfalteten sie eine bemerkenswerte Kunst und einen Stil, von dem nur wenige Bauwerke zeugen, dem wir uns aber durch Textquellen nähern können. Diese erlauben es uns, ihre Eingriffe und ihren Aufstieg in prestigeträchtige Positionen zu verfolgen und so ihren Weg von der Haute-Normandie über das Loire-Tal nach Paris nachzuvollziehen. Dieser Artikel sammelt in Form eines Regestes die Akten, die ihre Karrieren dokumentieren, mit dem Ziel, die Übertragungs- und Schöpfungsprozesse, die Organisation der Baustellen, das Knüpfen von beruflichen Netzwerken und den Austausch sowie den Transfer von Kunst und Techniken zu untersuchen, um ein neues Licht auf das Schaffen dieser beiden Architekten zu werfen, die mit ihren spätgotischen Bauten ein entscheidendes halbes Jahrhundert lang die Geschichte der Gotik mitprägten.

Schlagwörter : Architekt, Châteaudun, Rouen, Amboise, Paris, Backstein, Flamboyantgotik.

Das Testament von Charles Le Brun : Der Altarraum der Kapelle der Sorbonne vereint zeichnerische Kunstfertigkeit mit römischer Inspiration, von Anne le Pas de Sécheval

Die Innenausstattung der zwischen 1634 und 1642 erbauten Kapelle der Sorbonne in Paris wurde erst Ende des 17. Jahrhunderts fertiggestellt. Die vollständige Ausgestaltung des Chores, Charles Le Bruns letzter großer Beitrag zur Kirchenkunst, ist allerdings verlorengegangen. Deshalb kam es nie zu einer ihrer Bedeutung würdigen Untersuchung. Ein reichhaltiges, noch weitgehend unerforschtes Dokumentationsmaterial (Kostenvoranschläge, Verträge und Zeichnungen) ermöglicht es nun, den Platz zu analysieren, den die Kapelle in Le Bruns vielschichtiger Tätigkeit über mehr als zwei Jahrzehnte einnahm, von der Begutachtung der Baustelle bis zur Ausführung einer anspruchsvollen Dekoration. Im Vertrauen auf die besonderen Fähigkeiten von Antoine Desgodets als Architekturzeichner überdachte Le Brun den gesamten Raum um den Hochaltar neu. Er konzipierte ein groß angelegtes Projekt, das Architektur, Bildhauerei und Malerei auf originelle Weise verband und im Dialog zwischen dem Hochaltar, dem Gewölbe des Altarraumes und dem Grabmal von Richelieu von Girardon eine reiche religiöse Symbolik aufwies. Indem man das Andenken an Jacques Lemercier, den Architekten der Kapelle, respektierte, stellte dieses einzigartige Dekor in der französischen Hauptstadt ein seltenes Echo auf einige große Leistungen des römischen Seicento dar.

Schlagwörter : Kapelle der Sorbonne, 17. Jahrhundert, Kosten-voranschläge und Verträge, Projektmanagement, Charles Le Brun, Antoine Desgodets.

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